DES ACCIDENTS DANS LES LABORATOIRES DE CHIMIE PAR Jules Adrien Thelmier DES ACCIDENTS LABORATOIRES DE CHIMIE A. Parent, imprimeur lie la Faculté do Médecin», ru;: MMe l'riucc, 31. Digitizod by Google DES ACCIDENTS LABORATOIRES DE CHIMIE J.-A. THELMIER (THOLOMIER) DOCTEUR EN MEDECINE, Hnrhelier IHIrrs, b;irln.'liov huitici's phyiiijui*. Ancien préparateur de eliimio minérale .m laboratoire de la Faculté do m^dt-cinis de Paris. PARIS S.-B. BAILLIÈttE et FILS LinnAiims ot l'académie impérial*: m. hbdbcihe Elue Haute feuille, iy Lomnnns , biadbid . «EW-TOl» lllrr, Bal Lui tE i C. Uiilly-Uhliikiiï | Hailliêbe Dkotouu LB1PI10, E. JONG-TBBUTTEL, 10, QUERSTIUSSB 1866 □ igifeed by Google AVANT-PROPOS. Blessé grièvement à la suite d'une explosion de fui minute d'argent, en préparant le cours de chi- mie minérale de la Faculté de médecine de Paris, je fus amené par un sentiment bien naturel à re- chercher si l'on s'était occupé dans quelques-uns des nombreux ouvrages que la chimie a Tait éclore depuis un demi-siècle, des accidents qui se pro- duisent journellement dans les laboratoires, et des moyens les plus propres ù les éviter. J'ai été fort étonné de. ne rencontrer rien de pareil. On trouve bien, eà cl là. le récit île quelque catastrophe avec le nom de la victime et celui de la substance qui l'a produite; mais en général ici se bor- nent tous les renseignements, et surtout pas nn mot n'est dit sur les précautions à prendre pour en éviter le retour. J'ai cru qu'il y avait là quelque chose à faire, une lacune à combler, et j'ai entrepris ce travail. On comprendra facilement que je n'aiepu passer en revue tous les corps dangereux à manier; il m'aurait fallu pour cela faire défiler successive- ment sous les yeux du lecteur presque toutes les substances étudiées en chimie, et accomplir pour chacune d'elles une œuvre de bénédictin, que je n'avais ni la force ni les moyens d'entreprendre, I80G. — Thclmicr. I Je me suis doue borné à rénumération des princi- paux événements malheureux arrivés depuis que l'on s'occupe d'expériences chimiques, et à indi- quer de quelles précautions on doit s'entourer pour les éviter. Je n'ignore pas que, malgré fous les avertisse- ments et les conseils, il y aura toujours des chi- mistes victimes de la science ; mais je me consi- dérerai comme fort heureux, si mes modestes conseils et mon triste exemple peuvent inspirer aux jeunes gens studieux, qui commencent leurs éludes chimiques, une crainte salutaire, qui les - maintienne toujours sur leurs gardes, en présence d'agents aussi redoutables que ceux dont sont remplis nos laboratoires. Est-ce à dire que tout accident puisse être évité h l'aide des précautions les plus sévères cl rie l'ex- périence la plus sérieuse Hélas! non, et l'on en verra la preuve dans la suite de celle élude. En effet, quand des savants lels que Dulong, Dumas, Liebig, Hegnaull, Thénard, Wurlz, dont les noms sont la gloire delà chimie, n'ont pas eux-mêmes clé à l'abri de semblables malheurs, il serait bien téméraire d'afficher la prétention de pouvoir les prévenir tous. J'ai dû adopter un certain ordre, afin d'éviter la confusion ; j'avais pensé d'abord à prendre l'un après l'autre chacun des principaux corps et ses coin posés, et à étudier ensuite les accidents auxquels il a donné lieu, ou pourrait donner lieu à l'avenir; Digiiizcd by Google AVANT-PROPOS. 7 ou bien, a suivre l'ordre chronologique depuis la mortd'Osmin Hervy, parexemple,ju8qu'àrépoque actuelle. Cependant, après mûre réflexion, il m'a semblé à la fois plus commode et plus logique d'adopler une classification basée sur la nature des accidents eux-mêmes, et-je me suis arrêté à cette dernière idée. J'ai donc divisé mon travail en trois classes : Brûlures, Em/iohafinrwwitfs et E-rphainns. Sous ces trois titres, il m'a été permis de grouper un certain nombre d'observations, présentant à peu près les divers dangers auxquels sont exposés les chimistes. (In pourrait y ajouter les asphyxies et les dés- ordres causés par l'inspiration des vapeurs ou des gaz irritants, mais les premières sont telle- ment rares dans les laboratoires, que je n'en ai pas trouvé d'exemple, et quant aux seconds, il me sera facile de les ranger dans la classe des brû- lures ou des empoisonnements. Il est peut-être convenable de faire observer ici que je ne veux nullement, dans cette étude, sortir des laboratoires purement consacrés à la science, et que je passerai sous silence des désastres épou- vantables, tels qu'explosions de capsuleries ou de magasins d'artificiers, etc. Si cet essai obtient un accueil favorable, je me propose de m'en occuper plus tard; pour le moment, le martyrologe sera malheureusement bien assez étendu, sans y ajou- ter les noms des victimes de la science mise au service de l'industrie. Digitizod by Google 8 AVANT-PROPOS. L'espacedanslequeljesuia resserré ne me permet pas de rapporter le nombre considérable d'obser- vations qu'il m'a été donné de recueillir; je citerai les principales, elje publierai les plus importantes in ex tenso. J'ai reçu, à propos de cet essai, des marques de bienveillance et de sympathie auxquelles je n'étais plus habitué depuis de longues années. Aussi ne puis-je me résoudre à entrer en matière, sans re- mercier avec une cordialité respectueuse ceux de mes maîtres dont les noms suivent : MM. Bâillon, Béhier, Houcbardat, Cruveilhier, (losselin, Jar- javay, Labbé, Lasèg'ue, Le Fort, Lecontc, Lorain, Naquet, Nélaton, Parrol, .1. liegnauld, Tardieu et Wurtz, sans oublier M. Forgel, secrétaire de la Faculté de médecine, dont la complaisance el. l'ur- banité ne s'effaceront jamais de mon souvenir. DES ACCIDENTS DANS LES LABORATOIRES DE CHIMIE Il existe fort peu de corps en chimie dont la préparation ne soildangcreuse.On pourrait même dire, à la rigueur, que presque toutes les opéra- tions chimiques sont accompagnées de dangers pins ou moins grands. Tantôt l'opérateur est ex- posé à une asphyxie, à une irritation des voies respiratoires, à une brûlure légère ou grave; tantôt il est menacé d'un empoisonnement; d'au- tres fois encore, il doit redouter une de ces terribles explosions, dont malheureusement bien peu de laboratoires ont eu le privilège d'être exempts. Parmi les accidents que les chimistes ont à re- douter, un certain nombre peuvent être évités soit par une attention soutenue, soit à l'aide de moyens fournis par la science elle-même. Hàtons- nous de déclarer que la plupart doivent être ran- gés dans cette catégorie. Cependant, il est mal- heureusement permis d'affirmer qu'une certaine quantité de ces tristes événements déjouenl lotîtes 10 DIVISION DES ACCIDENTS. les prévisions, même des savants les plus expé- rimentés. Nous allions trop souvent l'occasion de citer, par la suite, des exemples de ce genre. 11 est inutile de dire que nous pourrons à peine, dans un certain nombre de ces derniers cas, ha- sarder quelques conjectures sur les causes pro- bables qui les ont produits, et conséquemmenl sur les moyens de les éviter, Nous nous efforcerons d'étudier les autres, et d'indiquer les précautions propres à en préserver les jeunes gens, qui commencent l'élude si at- trayante de la chimie. DIVISION DES ACCIDENTS Nous avons déjà fait connaître plus haut les mo- tifs qui nous avaient engagé à séparer en trois grandes divisions les accidents de laboratoire ; il serait oiseux de revenir sur ce sujet. Nous devons toutefois faire remarquer qu'il nous a paru avantageux, pour la clarté do notre travail, de nous occuper séparément, dans eba- cune de ces classes, des accidents causés par les gaz et les mpeun, puis de ceux produits par les liquides, et enfin de ceux auxquels les corps solides peuvent donner naissance. Nous présenterons sommairement quelques in- dications sui' les précautions nécessaires pour se mettre :i l'abri des brûlures, des empoisonne- Diaiiizcd by Google DIVISION DES ACCIDENTS. Il merils et des explosions eu général; nous nous réservons d'entrer dans des détails plus étendus, à mesure que l'histoire d'une substance dange- reuse viendra se placer sous noire plume, ou que nous citerons l'observation d'un accident cause par elle; à moins cependant que l'indication des précautions à prendre ne soit renfermée dans l'observation même. Nous négligerons complètement la question du traitement. Les différentes lésions auxquelles donne lieu l'action des corps employés en chimie se trouvent décrites dans tous les traités de patho- logie, en même temps que les ressources que In science peut mettre en usage pour les combattre. Néanmoins, quand une indication toute spéciale se présentera, nous eu dirons quelques mois, sur- tout si elle est basée sur une propriété chimique. C'est ainsi, qu'à propos del'empoisonneinenl par le gazacidearsénieux, nousindiquerons les émana- lions de chlore comme un préservatif fondé sur l'affinité de ce métalloïde pour l'hydrogène, affinité qui lui permettrait de décomposer ce terrible poi- son au moment même où il se répand dans l'at- mosphère environnante. PREMIERE CLASSE I>ES BRULURES L'intensité des brûlures causées par les diffé- rentes s [distances chimiques varie suivanl l'agent les a produites. Ainsi, toutes choses étant égales d'ailleurs, plus le point d ehullition d'un corps est élevé, plus la brûlure sera grave. On conçoit donc parfaitement que le contact de l'eau bouillante détermine moins de désordres, puis- que sa température est a ■[• 100 degrés que l'huile bouillante, dont le point d'ébullition atteint + 300 degrés environ. Quant aux métaux en fusion, ils peuvent déter- miner une véritable carbonisation des parties avec lesquelles ils se sont trouvés en contact, ainsi qu'on le voitsouventdans les grandes usines où l'on fond ces substances. Ces ras se présentent rarement dans les laboratoires. On le concevra sans peine, les recherches scientifiques n'exig-enl pas de grandes quantités de matière pour les ana- lyses qu'on y effectue. La quantité du corps en fusion augmente nécessairement la gravité de la brûlure; aussi les accidents que l'on rencontre dans l'industrie, où des masses considérables de métaux sont maintenues quelquefois longtemps en fusion, sont-ils parfois épouvantables. _' u n:l'"j t- L.i DES BRULURES. — MOYENS GENERAUX. 13 Il est un autre genre spécial de brûlures, je veux parler de celles produites par les acides concentrés, ou les vapeurs qu'ils dégagent. Ces corps, généralement fort avides d'eau, agissent en s'emparent de celle qui est contenue dans nos tissus, elles carbonisent plus ou moins, suivant leur degrédeconcentralion,oula durée de leur contact. Outre cette action spéciale des acides en géné- ral, certains d'entre eux, sans être franchement vénéneux, paraissent jouir d'une propriété toxique particulière. Nous aurons à fournir plusieurs ob- servations à ce sujet. On voit donc que les substances employées dans les laboratoires peuvent produire tous les degrés de brûlures, depuis la simple rubéfaction de la peau jusqu'à la carbonisation complète des tissus. Les brûlures sont aussi très-souvent des com- plications graves des plaies produites par les ex- plosions. Nous y reviendrons en temps opportun. MOYENS GÉNÉRAUX d'ÉVITBK LUS BRULURES. [1 serait puéril {l'indiquer ici les précautions à prendre, pour éviter en général le contact des corps susceptibles de déterminer des brûlures à différents degrés. II est prudent, on le comprend de reste, de saisir avec des pinces assez longues pour pou- voir le transvaser sans péril, le creuset renfer- mant un métal en fusion. De même, il est néces- saire, en se servant d'acides très-concentrés, de 14 BRULURES PAR LES GAZ ET LUS VAPEURS. mettre des doig-tiers en caoutchouc, sur lesquels ils n'ont pas d'action. Cette recommandation s'ap- plique spécialement à I'aeide fluorhydrique, dont les brûlures offrent en général une gravité supé- rieure à celles produites par les autres acides. BRULURES PAR LUS (iAZ ET LES VAPEURS. Laissant de coté les brûlures produites par la vapeur d'eau, auxquelles sont exposées une foule de personnes étrangères à la cliimie, nous devons mettre au premier rang' les accidents causés par les vapeurs acides des gaz chlorhydrique et surloul fluorhydrique. Les fumées d'acide p/wp/iorique on! souvent aussi donné lieu à des brûlures graves; mais l'étude de leurs dangereuses propriétés a ce point de vue, se confondant avec celles du phos- phore solide, nous ne croyons pas devoir la séparer de celle de ce dernier corps. Il m'est souvent arrivé de voir des expérimen- tateurs atteints par les vapeurs d'acide chlorhy- drique, je dois dire que jamais je n'ai rencontré d'accidents assez sérieux pour mériter ce nom. Tout se bornait à une rubéfaction plus ou moins J'orte, suivie de desquamation de l'épidémie, mais jamais de fièvre, ni de symptômes généraux d'au- cune nature. L'acide fluorhydrique jouit au contraire de pro- priétés probablement toxiques. Nous en avons pour preuve le triste sorl de ce préparateur de BRULURES PAR LES GAZ ET LES VAPBURS. 15 l'École polytechnique, nommé Derosne (si nos souvenirs sont exacts), lequel a succombé à la suite d'accidents inflammatoires déterminés par le contact de cet acide. Nous avons, au laboratoire de chimie minérale de la Faculté, observé un cas de ce genre, heu- reusement suivi de gruérison, mais ayant néan- moins inquiété les amis de l'honorable chimiste auquel il est survenu. Voici le fait auquel nous faisons allusion : Pendant l'hiver de 1833, M. Je D r Lesueur, cher ries travaux chimiques de la Faculté, m'avait l'ait préparer pour le cours de chimie minérale, um: certaine quantité d'acide fluorhydrique. Au moment rte séparer, devant l'audiloîre, l'allonge de plomb re- courbée qui s'ajuste à frottement sur le cql de la cornue, et forme récipient, afin de verser l'acide produit dans une capsule de phi- line, M. Lcsueiir crut pouvoir se passer de mon aide, et essaya de dégager seul le tube de la cornue. Iles vapeurs épaisses d'acide se répandirent sur sa main, et lui causèrent instantanément u..e douleur telle, qu'il Tut contraint de laisser l'appareil a demi dé- monté et d'aller se plonger immédiatement la main dans l'eau. Malgré celte précaution, une brûlure au second degré fut la suite de cet accident, mais celle affection locale, en apparence si peu grave, fut suivie de symptômes alarmants. L'inflammation se propagea de la face dorsale de la main, par- tie en contact avec les vapeurs cormsives, jusqu'à l'avant- lira s d'abord, et ensuite jusqu'au tiers supérieur du bras. La lièvre s'était déclarée dans la sniré::; un subdelirinm se manifesta bientôt, el pendant un septénaire au moins. M. Lenteur rot en proie à de vives snulTçinces qui ne cédèrent qu'a un trai- tement antiphlogistiqnc énergique, institué par un professeur de 16 ' BRULVRES PAR LES f}AZ ET LES VAPBURS. la Faculté, que le malade avait l'ait appeler le soir même de l'ac- cident. Les symptômes s'améliorèrent peu à peu, mais la (juérison se fit attendre un mois au moins. Cet accident n'aurait pas eu les suites qu'on vient délire, si M. Lesueur avait pris la précau- tion bien connue de mettre nYs gants enduits d'un corps gras, sur lesquels l'acide flunrhvdrique eût été sans action. Les vapeurs de brome paraissent présenter des dangers analogues à ceux de l'acide fluorhydrique. M. le professeur Isidore Pierre a longtemps souffert de brûlures par le brome liquide, malgré des lotions ammoniacales laites immédiatement après l'accident. L'observation 'qu'on va lire est le récit d'un acci- dent arrivé an laboratoire de la Faculté, à l'un îles préparateurs, qui m'a témoigné le désir de garder l'anonyme. Le i\ ilt-eeiulm: lKlil, à 3 heures et demie y Google BRULURES PAR LES SOLIDES. BRULURES PAR LES CORPS SOLIDES. Toutes les substances susceptibles de déflagra- tion peuvent causer des brûlures; il suffit, en gé- néral, d'être prudent pour s'en préserver. Quel- quefois cependant, sur la foi de certains auteurs, on peut tenter une opération dangereuse. Dans la dernière édition d'un ouvrage de chi- mie justement célèbre, il est dit que le seul moyen de purifier le zinc en le privant de l'arsenic qu'il peut contenir, consiste à le pulvériser et à le mê- ler avec de l'azotate de potasse, On doit fondre ensuite le mélange el le laisser refroidir. Or, il y a déflagration bien avant la fusion. Celte expérience, faîte sur 20 grammes de zinc seulement, a brûlé fortement la main de l'expéri- mentateur. Le corps solide, doué par excellence de la pro- priété de causer des brûlures, et des brûlures très- douloureuses , est le phosphore. Il s'enflamme spontanément à l'air par le simple frottement, ou une légère élévation de température, en donnant lieu à de l'acide phosphorique. On trouve l'obser- vation suivante dans le Traité de toxicologie d'Or- fila. Pelletier père, ayant laissé par mcganle dans sa poche du phosphore envelopp'; rîam rl n papier, eut la cuisse tellement brûlée, qu'il tarda six mois h se rétablir, quoiqu'il eût été promp- ment secouru. 1866,-Thelmier. 2 22 BRULIJltlîS PAR LE3 SOLIDES. J'ai moi-même, aux manipulalions chimiques de l'Ecole' pratique, été témoin d'un fait de ce genre. Un de nos élèves avait dérobé un morceau de phosphore et l'avait mis dans la poche de son pantalon ; le phosphore prit bientôt feu, et le pau- vre g-arçon, affreusement brûlé, fut encore très- heureux de ne perdre qu'un testicule. Le D r de Pon levés, mon ami, décrit spirituelle- ment dans l'observation suivante une brûlure par le phosphore dont il a été victime, mais qui, fort heureusement pour lui, n'a pas eu de suites aussi sérieuses. Parmi les dangers qu'on court dans les laboratoires, permet- tez-moi de vous en .siRiialer un, auquel vous n'avez peut-être pas pensé, el dont j'ai été la victime: c'esi celui d'avoir auprès de soi des aides inintelligents, on îles oflieieux pins zélés que pru- dents. En 1838, je travaillais, comme élève, dans le laboratoire de la Faculté; j'avais un jourà préparer du protochlorurc de phosphore; j'avais déjà introduit 30 grammes de phosphore en petits morceaux dans une cornue en verre tuhulée, quand mon phosphore s'enflamma spontanément dans la cornue; je m'ap- prêtais à jeter le tout dans le baquet, et c'était bien ce qu'il y avait de plus simple à faire; mais un autre élève, voulant montrer sa science sur la théorie de la combustion, s'imagina de boucher avec ses pouces le col et la tubulure de nia cornue, il réussit en cfïel ù éteindre la flamme ; mais, ce qu'il n'avait pas prévu, le phosphore s'éiail fondu et volatilisé en partie à l'intérieur, et vint à couler sur le doigl'iui fermait le col; instinctivement il relira la main, il y eut projection, et je reçus tout le liquide enflammé a la hauteur du sein droit. J'étais littéralement couvert de flammes. M. Itfgou, préparaleur de la Faculté, me fit coucher à terre et m'inonda d'eau. Mon paletot d'hiver m'avait préservé; BRULURES l'A R LES SOLIDES. 23 j'en fus quitte pour une brûlure à In cuisse, et une autre ^ la main. Celle-ci mil deux mois à se guérir. C'est surtout en moulant le phosphore dans des tubes do verre, que se produisent les accidents les plus communs. On sait que l'opérateur aspiré dans ces lubes le phospore maintenu en fu- sion par de l'eau à + £5 degrés. Or, il arrive souvent que le phosphore pénètre dans la bouche. Le moyen d'éviter un pareil malheur consiste à aspirer d'abord dans le tube une certaine quantité d'eau. De celte façon, on est averti quand ee li- quide arrive jusqu'à vos lèvres, et on peut arrêter à temps l'opération. Orfila, dans son Traité de Toxicologie, cite le fait suivant : M. Délis, en moulant du phosphore dans des tubes, aspira le liquide sans ménagement ; le voile du palais fut cautérisé. M. Isidore Pierre veut bien à ce sujet m'écrira de Gaen : En 1833, en moulant du phosphore, une certaine quantité de phosphore fondu a pénétré dans ma bouche en même temps qu'une certaine quintilé d'eau. Le fait a eu lieu au collège Henri IV, à Paris. J'ai fait un faux mouvement, résultant de l'obli- gation de surveiller une classe nombreuse, tout en Taisant mes expériences. J'en ai été quitte pour la peur, parce qu'il s'est trouve sous ma main une caisse pleine d'eau, dans laquelle je me suis plongé la [file à mollit!, pour expulser environ 2 grammes de phosphore liquide. D'après M. Malag'uti, on amoindrit l'effet de brûlures par le phosphore, en lavant sans cesse, 24 BRULURES PAR LES SOLIDES, dans les premières heures surlout, avec une eau légèrement alcaline, contenant de la magnésie en suspension, ou de la craie ou de la cendre. On a aussi proposé de plonger, s'il est possible - , la partie brûlée dans une solution étendue d'eau de javelle tenant eu suspension un peu de magnésie. — En cinq minutes, les douleurs disparaissent, et l'on n'aperçoit plus à l'air ni vapeurs ni phospho- rescence. A côté du phosphore vient se placer le colon- poudre, eu égard à la fréquence des brûlures cau- Parmi les nombreuses observations que nous avons pu recueillir à ce sujet, nous nous borne- rons h citer la suivante : BRULURE PAR LE COTON-POUDRE, En 1853, je fus appelé dans la soirée auprès d'un jeune homme de ma connaissance qui venait de se brûler grièvement le visage et les mains avec dû coton-poudre dans les circonstances sui- vantes : Préparateur du laboratoire de chimie de MM. V. et F., Ku- jjtue D... avait eu a remplir une caisse de fui mi -coton récem- ment préparé. Il clait nuit alors, et la pièce où se trouvait ce jeune homme était éclairée par une lampe placée sur la table ou il travaillait, a une distance d'environ 40 à 50 centimètres de la substance inflammable. Toul à coup il se vil entouré d'une grande flamme; ses mains, BRU LUE 2o à ce moment remplies de coton-poudre, sou visage, ses rils, ses cheveux étaient brûlés. Il se précipita ininieiliuieiiicnt sous le jet de la fontaine qui se trouvait dans la cour, prés de la porte du laboratoire, et parvint à éteindre le feu qui déjà avait atteint une partie de ses vêtements. Je me rendis auprès de lui deux heures environ après l'acci- dent; et, en attendant l'arrivée de mon ami, le D r Coffin, que j'avais fait prévenir, je fis faire des onctions sur les parties brù- cident qu une vive rongeur de la peau rougeur qui ne disparut que longtemps courant d'air, t peut-être suréchauffés jusqu'à 200° ; c'est évidemment ce qui arrive lors- qu'on présente un peu de coton-poudre au-dessus d'un brasier, à une hauteur telle que la main n'en ressente qu'une température douce, le coton s'enflamme, taudis qu'il résiste à la température de 100° sur une plaque chauffée par l'eau bouillante ou par la vapeur ; il serait plus prudent de faire la dessiccation par un cou- rant d'air froid ou seulement à &">" centésimaux. (Payen, Chimie industrielle. 3 e édit., 1855, p. 503.) Dans le cas précédent, un courant d'air sur- échauffé aura probablement enflammé le lulmi- eoton, sans que D en ait eu conscienr . DEUXIÈME CLASSE DES EMPOISONNEMENTS Nous avons dit en commençant, que les as- phyxies étaient assez rares dans les laboratoires, pour que nous n'ayons pu en trouver aucun exemple dans les journaux el les recueils scienti- fiques. Ce fait esl d'autant plus singulier, que les chimistes sont continuellement exposés à respirer l'acide carbonique se dégageant de leurs four- neaux, el une foule d'autres g'az impropres à la respiration, répandus en grande quantité dans les endroits consacrés à leurs études. Malheureusement ïl n'en est pas ainsi des em- poisonnements, et nous allons bientôt en eiler des observations bien affligeantes. Toutefois, pour être fidèle au plan (pie nous nous sommes Iraeé, nous parlerons d'abord des irritations produites pur Faction de certains gaz sur les organes respiratoires. Il n'est pas un chimiste qui n'ait élé incom- modé par l'inspiration de vapeurs ou de gaz irri- tants; les vapeurs de brome, celles de g'az acide chlorhydrique, etc., donnent souvent lieu à des coryzas et à des quintes d'une toux fatigante; mais un corps surtout jouit de ces propriétés à un très- Digitizod by Google DES EMPOISONNEMENTS. * 27 haut degré : c'est le chlore, soit à l'état gazeux, soit à l'état de dissolution dans l'eau. Plusieurs fois, après être resté un certain temps exposé aux émanations de chlore, j'ai moi-même craché du sang et éprouvé de vives angoisses en respirant. Il semble que les muscles du thorax refusent d'obéir à l'action des nerfs, en même temps que la muqueuse des bronches est le siège de vifs picotements ; les yeux larmoient, et cet état dure en général une heure ou deux. II n'en est pas toujours ainsi, et je me rappelle un de mes amis, le D r Dingé, auquel je donnais des leçons de chimie, quelques jours avant qu'il passât un examen sur cette matière. En préparant du chlore, il éprouva des accidents tellement sé- rieux qu'il fut obligé de rentrer chez lui, et de se soumettre à un traitement qui le retint pendant plusieurs jours au lit. L'action prolongée des vapeurs de chlore sur la muqueuse pulmonaire ne doit pas être étrangère, sinon à la production des tubercules, du moins à la rapidité de leur développement quand ils existent déjà dans le poumon. Le doute est permis; toute- fois, j'en -ai malheureusement vu un exemple dans ma famille. Le D r Emile Humbert, mon pa- rent, chimiste distingué , connu dans la science par des travaux faits en commun avec M. Fon- viellc sur un nouveau système de pile électrique, et des études fort curieuses sur l'iodoforme, est mort phthisique avant l'âge de 30 ans. 28 DES EMPOISONNEMENTS. Or, à l'époque où nous donnions ensemble des répétitions de chimie dans notre laboratoire com- mun, je l'ai vu, bien que déjà malade et connais- sant à peu près sa position, rester exposé, malgré mes conseils et ceux de ses amis, a des émanations de chlore produites par des expériences particu- lières, qui réclamaient l'intervention prolongée de cet agent. Après chacune de ces expériences, sa toux et son crachement de sang- augmentaient d'une manière notable. L'effet inverse se produi- sait quand il interrompait ses travaux. Les lignes qui précèdent mettent suffisamment en évidence l'action des vapeurs du chlore. L'ob- servation suivante, duc à la plume élégante de M. Lasèguc , professeur agrégé de la Faculté de médecine, et médecin des hôpitaux, sera en même temps une bonne fortune pour le lecteur, et un avertissement sur le danger qu'il y a de respirer sans précaution le chlore dissous dans l'eau. OBSERVATION DE M. LASÈGUE. — INDISPOSITION GRAVE PRODUITE PAU l'inspikation DE VAPEURS DE CHLORE. A l'époque oh .je commençais mes éludes en médecine, je fus chargé / Google EMPOISONNEMENTS PAR LES GAZ F.T LES VAPEURS. 31 colores afin de les reconnaître. J'ai moi-même éprouve quelques vertiges, après avoir respiré lar- gement du cyanure de potassium, dont un coryza m'empêchait de reconnaître immédiatement l'o- deur pénétrante. Cependant, il serait à peine expli- cable de voir des expérimentateurs s'empoisonner avec des corps solides sans en avoir l'intention bien arrêtée. Les émanations délétères produites par ces substances produisent des accidents, qu'on peut facilement ranger parmi ceux occasionnes par les gaz et les vapeurs. EMPOISONNEMENT PAR LES GAZ ET LES VAPEURS. Les gaz doués de propriétés vénéneuses sont assez nombreux. C'est à tort toutefois qu'on a pu les attribuer à l'hydrogène. Nous ne croyons l'observation rapportée par M. Malaguti dans le premier volume de son Traité de Chimie (Paris, 18G3; page Gl). Ce savant, du reste, cite le Tait comme une exception, et n'en conclut nullement que l'hydrogène soit un poison. 11 le considère tout simplement comme un gaz impropre à la res- piration, au même titre que l'acide carhonique, par exemple. Voici comment il s'exprime à ce sujet : L'hydrogène, bien <|u'improprc à h in spiration, c'est pas délé- tère, ainsi iju'on lu cru dans un temps ; il peut asphyxier, mais il n'empoisonne pas. Cependant, il y a quelques années, un chi- 32 EMPOISONNEMENTS PAK LES GAZ ET LES VAPEURS. miste anglais expérimenta sur lui-même pour savoir jusqu'à quelle limite on pnnvnit respirer impunément l'hydrogène : l'expérience était à peine commencée qu'il fui saisi d'un malaise fîéncral et une stupéfaction complète se déclara bientôt: au bout île quelques heures, il mourut victime de l'imprudence. Imprudence, ai-je dit, car d'autres expérimentateurs ont res- piré de l'hydrogène, sans conséquences funestes, probablement parce qu'ils se sont arrêtés à temps. Pour tirer do ce récit une conclusion utile, il serait d'abord nécessaire de savoir si l'hydrogène respiré par la victime était pur. Le zinc qui avait servi à sa préparation ne contenait-il pas une cer- taine quantité d'arsenic? Alors, l'empoisonnement ne serait plus dû à l'hydrogène lui-même, mais à l'hydrogène arsénié. Ces considérations semblent avoir échappé à l'habile doyen de la Faculté des sciences de Hennés. Les réflexions précédentes nous amènent natu- rellement à nous occuper de ce dernier gaz, un des plus dangereux parmi ceux qu'on prépare dans les laboratoires. EMPOISONNEMENTS CAUSES PAR l'hYDROQBNB ARSÉNIÉ. Soit que l'on traite une substance suspecte dans l'appareil de Marsh de façon à produire de l'hy- drogène arsénié, ou qu'on prépare ec gaz pour l'élude, il ne faut pas oublier que, dans certains cas, il a causé la mort de chimistes niCme expéri- mentés. Orfile, dans son Traité de toxicologie, t. II, p. 735, EMPOISONNEMENTS PAR LES GAZ ET LES VAPEURS. 3^ rapporte ainsi un accident célèbre dans la science, je veux parler de la mort de Gehlen : Le gaz hydrogène arsénié est excessivement délétère et agit à l'instar des préparations arsenicales. Au mois de juillet 1815, Gehlen s'occupait avec M. ttulliand de recherches sur l'action réciproque de l'arsenic et de la potasse. Une très-faible propor- tion d'hydrii;;èin: arsénié fut inspirée par (ichleti durant ses expé- riences. Au bout d'une heure il survinL des vomissements consi- dérables s'accompagnaot de Frissons et d'une grand;: faiblesse. Ces symptômes ne firent ijue s'accroître, jusqu'au neuvième jour où la mort survint au milieu de souffrances épouvantables. (An- nales de physique et de chimie, t. XC, p. 110.) Un nouvel exemple de ce g-enre d'empoison- nement s'est produit en 1863, dans des conditions analogues. Il a élé observé dans le service de M. le professeur Piorry, fi l'hôpital de la Charité, par M. A. Ollivier, qui en a fait le sujet d'une com- munication à la Société de biologie. La Gazette des hôpitaux, a laquelle nous emprun- tons cette observation, pense avec raison que c'est la plus complète qui ait été publiée jusqu'ici. Les symptômes, le traitement et les lésions constatées à l'autopsie, y sont relatés avec détails. Aussi, nous a-t-elle paru mériter d'être publiée à peu près entièrement, malgré son étendue. La victime était un jeune homme de 22 ans qui se livrait à des recherches sur l'aniline. Dans une de ses expériences, B... développa une quantité assez grande d'hydrogène arsénié, qui se répandit dans l'atmo- sphère du laboratoire (il était sept heures du malin). Une heure 34 EMPOISONNEMENTS l'Ali LKS GAZ ET LES VAPEURS. après environ, il ressentit un assez violent mal de Ifilc qui le força d'ouvrir la fenêtre pendant quelques instanls. Il reprit en- suite son travail, qu'il continu;) environ deux heures. A dix heures et demie, il prit son repas sans ressentir rien de particulier. Lut: heure après, le mal de lêle augmenta, des douleurs se décla- rèrent au niveau de l'épigasLre, puis survinrent des vomissements de i; auères al mi en Lui res. Le malade se iil transporter à l'hôpital de la Charité. Pendant le trajet, il vomit Irois fois des matières alimentaires. A son en- trée, voici ce que l'on constata: l'ace pale, lèvres décolorées, marche difficile, céphalalgie fron- tale Irès-inteuse, douleur spontanée très-forte vers les lombes ; sentiment de ennslricliou à la hase de la poitrine, respiration accélérée ; pas de toux, pas de râle a l'auscultation, sonorité nor- male; soif vive, nulle douleur abdominale spontanément, ni à la pression. Les extrémités sont froides. Aucun trouble des sens. On prescrit pour traitement : sinapïsmcs; frictions avec baume de Fioraventi; boules d'eau chaude; vin diurétique; tisane ordi- naire avec acétate d'ammoniaque, 15 grammes par litre; lave- ment purgatif avec follicules de séné, 12 grammes, et sirop de Nerprun, 00 grammes pour 500 grammes d'eau. Au bout d'une demi-heure environ, le malade se réchauffe, une légère moiteur s'établit par tout le corps ; la respiration de- vient plus facile. [Néanmoins, le malade accuse toujours une cour- bature générale, et surtout des douleurs lombaires. La molilité ne semble point altérée. Le pouls esta MO pulsations, assez plein et régulier. Le foie est douloureux à lapalpation. Vers cinq heures, le malade rend deux garde-robes fétides et abondantes; quelque temps après, émission sans douleur d'en- viron 220 grammes d'une urine rouge, dans laquelle l'examen microscopique ne permet pas de trouver un seul globule de sang. Vomissements verdatres provoqués par la moindre quantité de boisson. Vers dix heures et demie, la céphalalgie est plus intense et la face animée; les conjonctives sont injectées. Pouls fort et fré- quent. Parole embarrassée, réponses lentes. On pratique une saignée de 500 grammes, qui est suivie d'un soulagement presque immédiat. La céphalalgie diminue, ainsi que la douleur lombaire. EMPOISONNEMENTS l'A H I.F.S ftAZ ET LES VAl'EUItS. 35 idîO respirations, pouls à fl.'i. Cependant les vomissements ronti- nuenl, et aucune boisson ne peut être supportée. A une heure du matin, M. l'iorry estanpelé et trouve le malade dans l'état suivant: Face colorée, peau chaude, pouls a 100 pulsations, réf[iilier, assez développé ; intelligence intaclc, réponses lucides. Les vo- missements ont cessé; M. l'iorry prescrit: boissons à Itaules doses et irrigations du rectum répétées. Un nouveau lavement purgatif est donné vers trois heures, puis un bain. Le malade se trouve un peu mieux après, quoique encore extrêmement fatigué. Le jour suivant, !a lace est d'un jaune terreux, la peau sèche, lepoulsalOt; langue sèche, soif vive; air d'hébétude; il existe une congestion pulmonaire en arrière; le malade n'a point uriné. Le troisième jour, le malade est plongé dans l'assoupissement et dans l'apathie; les conjonctives sont de nouveau injectées; diminution très-notable des urines, qui conservent ieur coloration rougeatre. Le cinquième jour, après un mieux apparent et passager, l'état général s'aggrave notablement. Les urines sont de nouveau sup- primées ; la langue et les lèvres sont recouvertes d'un enduit fuli- gineux; la peau est d'une coloration bronzée; le pouls devient imperceptible, la respiration s'accélère et s'embarrasse ; l'intelli- gence est anéantie. La mort survient dans la soirée. A l'autopsie, on n'a constaté d'autre lésion qu'un élat de con- gestion du foie, sans altération des cellules hépatiques, le ramol- lissement de la raie et une augmentation de volume du rein avec injection de tout l'organe très-prononcée, surtout dans la sub- stance tubulcuse, et un état granuleux des cellules des deux sub- stances. Les symptômes, comme on peut le voir par les détails qui pré- cèdent, ne diffèrent pas sensiblement de ceux que produisent en général lous les composés arsenicaux, à cela près toutefois des symptômes d'action locale, qui ne pouvaient avoir ici leur raison d'êire. C'est le type de l'intoxication générale d'emblée, de l'in- toxication par absorption pulmonaire. On remarquera que, dans ce fait, comme dans celui qu'a cité Orfila, la durée de la lutte a éb; plus longue qu'elle ne l'est en général dans les empoisonne- ments par l'acide arséiiieux. Le chimiste Geblen n'est mort que Diipzcd by Google 36 EMPOISONNEMENTS PAR LES GAZ ET LES VAPEURS. le neuvième jour, et le malade de M. l'iorry le quatrième, tandis que, dans les cas d'empoisonnement par l'acide arsénieux, la mort arrive le plus souvent de la fin du premier nu troisième jour. (Ga- zette des hôpitaux, samedi 31 octobre 1853'. La partie chimique de cet empoisonnement, c'est-à-dire l'analyse du sang-, de l'urine et des matières vomies, a été faite par M. Fordos; mais- les résultats n'ont pas encore été publiés, et doivent faire partie d'un travail sur les empoisonnements. M. Fordos a bien voulu me communiquer les principaux faits qu'il a observés. Sang. Le sang était altéré; il présentait ait microscope ries globules déformés, et le sérum était coloré en rouge par de la matière colorante tenue en dissolution, il contenait des traces d'arsenic. Urine. L'urine était d'un rouge intense et ressemblait à du sang-, mais à l'examen microscopique on n'apercevait pas de glo- bules sanguins; cependant sa coloration était duc a la présence de l'iiématosine; elle était d'ailleurs très-albnmineuse; elle ne renfermait que très-peu d'urée : elle, était légèrement arsenicale. Matières vomies. Les matières ou plutôt les liquides des vomis- sements étaient d'un vert clair; ils contenaient du mucus et de la matière colorante verte de la bile. L'analyse n'a pas indiqué la présence de l'arsenic. Malgré la singularité de quelques détails, nous terminerons nos citations sur l'hydrogène arsénié en puisant dans un journal allemand l'observation suivante: Un jeune homme de 31 ans, parfaitement bien portant, appro- cha le nez île l'ouverture d'un tube de dégagement de trois lignes de diamètre, d'un appareil de Woolf, dans lequel se trouvait Digitizod t>/ Google KMI'OISONNRMESTS l'AR LES C.AZ ET LES VAPEURS. 37 de l'hydrogène arsénié. 11 respira avec précaution pendant une seconde. La quantité d'arséuiure de zinc consommée montait a 10 grains. Après quarante minutes, il flaira encore une fois, n'ayant éprouvé aucun effet de la première. Au bout de trois heures, il sentit un vertige en montant un escalier, et il fut obligé de se tenir aux murs. Dans la marche de niveau moins de vertige, et pas du tout à la descente. Après quatre heures, froid dans tout le corps, pesanteur aux reins, s'étendant jusqu'entre les omoplates. Douleurs dans les genoux; froid aux extrémités. Après cinq heures, douleurs lancinantes à l'est"-.) "c, renvois continuels sans atténuation des douleurs, vomissements île mucosités amères d'un jaune verdatre, urines sanguinolentes, coloration jaune- brun de tout le corps, insensibilité des mains, des pieds du nez et de la région superciliaire, avec cessation du pouls et crainte delà mort. Après huit heures, sueur à la suite d'une ingestion co- pieuse de boissons chaudes, avec retour de la vie dans les parties devenues d'abord insensibles, arnimprigrié de démangeaisons vio- lentes i:t d'éternuments. Le second jour, continuation de tous ces symptômes. Tous les poils des parties qui avaient élé insensibles Ct les sourcils xtmt (trreitus iitiiiux. O.i preliil mnipxcs suif, avec frict. («s. Le troisième jour, douleurs intestinales périodiques et lancinantes; pleurs, soupirs violents. Fortes douleurs de reins. Copieuses fiatuosités avec constipation. Absence de sommeil et excitation morale; absence de force. Le cinquième jour, teint encor.; jaune foncé, figure défaite, urines tanguinolmUi, lw douleurs intestinales reparaissent rarement et se concentrent autour de l'ombilic, soupirs périodiques durant des heures en- tières ; plusieurs selles. Le sixième jour, sentiment d'inertie complète dans le bas-ventre, comme si telle partie était trans- formée en pierre; urine suit,* coloration sanguine. Le septième jour, teint blanc; les sourcil* de blancs redeviennent bruns; sensation de pesanteur et d'étourdissement dans la tète, accom- pagnée de déchirements. Douleurs insupportables dans le dos, diminuant lorsque le malade est assis. Démangeaisons dans les bras et dans les jambes. Assoupissement; sommeil léger et in- quiet. Le huitième jour, douleurs insupportables dans le dos, forçant le malade à garnir tout haut. A partir de ce moment, améliration chaque jour plus sensible. Après trois semaine!, 1806. — TLelmier. 3 3H EMPOISONNEMENTS PAR LES IrAîl ET LES VAPEURS. beaucoup île petits abcès an prépuce et au fflaud, formés rie petites pustules remplies île pus. La juiérison fut complète. (Schneider dans Tlwrer lieitraege i'ih (iebiett der I/oJiineojiathie, t. IV, cahier 3, 1840.) Le fait de la sanguinolenre de l'urine s'est re- produit dans plusieurs autres eus, notamment dans celui de la Charité. Il est utile de prévenir ici les jeunes chimistes que, dans la production de l'hydrogène arsénié dans l'appareil de Marsh, il se présente très-sou- vent, outre les dangers d'empoisonnement, des explosions tenant, en général, à ce qu'on n'a pan donné à l'air le temps de sortir de l'appareil, avant d'enflammer le gaz au sortir du tube, afin de recueillir les taches arsenicales. Qu'il me soit maintenant permis de hasarder un conseil. Ne serait-il pas prudent, lorsqu'on laisse se répandre dans l'atmosphère qui vous environne une certaine quantité d'hydrogène arsénié, de faire dégager un peu de chlore, afin de décomposer le gaz vénéneux? Que peut-on craindre dans ce cas? Un peu d'irritation des voies aériennes. Mais doit-on mettre en paral- lèle le danger d'une indisposition légère, avec celui d'un empoisonnement presque toujours mortel ? Digitizod b/ Google LMl'OISoXNEMKXTS PAR LES UAZ ET LES VAPEUfl". 3U EMPOISONNEMENT PAR b' ACIDE CYANHYDRIQ Ue! . Je dois ù l'oblig-eauce de mon ami Maliot, in- terne distingué des hôpitaux, la communication de l'observation suivante, qu'a bien voulu lui adresser le professeur éminent de l'école de Nantes, M. le D' Pihan-Dufeillay, sur un cas d'empoison- nement par l'acide prussïque, dont ce docteur a failli être lui-même la vietime : . . . . Je faisais uae leçon sur l'acide cyanhydrique, et je te- nais à la main un («lit flacon bouché à l'émeri, dans lequel se trouvaient environ i grammes d'acide cyanhydrique, que j'avais préparé d'après le procédé de ftay-Lussac. Dans la chaleur do la démonstration, et t;n parlant de l'odeur caractéristique qu'exhale cet acide, j'approchai sans trop d'at- tention le flacon rte mes narines, oiihliani que la température rte nia main, secondé»! par celle du mois de juillet, devait avoir né- cessairement favorisé la volatilisation d'un corps qui, comme vous le savez, entre en ébullition, alors qu'il est pur, à + 2ii°. La tension de la vapeur hydrocynnique avait légèrement soulevé le bouchon du flacon ; aussi à peine ens-je perçu l'odeur et res- piré quelques molécules de l'acide, que je devins pâle; un malaise indéfinissable accompagné d'oppression des forces elde diificullé de respiration, se répandit dans tonte ma personne ; je ressentis on violent vertige, et je tombai en défaillance siiriin fauteuil qui était placé près de moi ; mon pouls, me dit-on ensuite, était lent, faible, et battait SU fois par minute. On s'empressa de me secourir, en me faisant respirer de l'eau chlorée et boire de l'eau sucrée contenant quelques nouties d'am- moniaque liquide; on me découvrit la poitrine et les membres, et ou pratiqua sur les parties de mon corps des affusions d'eau très- chaude et de puissantes frictions alcooliques; pois, après m'avoir mis au lit ou continua pendant quelques heures, et cela île temps à autre, la même médication excitante. • 40 EMPOISONNEMENTS l'AR LES GAZ ET LES VAl'ET RS. Je (ardai peu a recouvrer la connaissance : mais je demeurai, pendant les vingt-quatre heures qui suivirent l'accident, en proie à de vives douleurs dans touLc la poitrine et surtout à la région du cœur; pais, ces douleurs, cédant peu à p2U, furent suivies d'une extrême faiblesse qui disparut après huit jourr, pour ne me laisser aucune trace des maux que j'avais endurés. Tel est le récit exact de cet empoisonnement qui. je n'en sau- rais douter eût été mortel si j'eusse respiré un peu plus complè- tement, eu bien un temps quelque peu prolongé, la vapeur de cet acide redoutable. L'exemple qui précède prouve- surabondam- menl l'activité fie ce poison redoutable. Les précautions à prendre, pour n'en pas subir les atteintes, sont à peu près les mêmes que celles à employer contre les vapeurs de l'hydrogène arsé- nié. Il faut autant que possible le préparer en plein air, ou, si l'on est forcé de le faire dans l'in- térieur du laboratoire, choisir une pièce dans la- quelle on puisse facilement établir un courant d'air. On ne peut songer à employer les émanations de chlore pour décomposer l'acide prussïque naissant. Il se formerait alors du chlorure de cyanogène, corps au moins aussi vénéneux si ce n'est davantag-e, le remède serait donc pour le moins impuissant. Cependant plusieurs praticiens se plaçant à un autre point de vue ont tenté de combattre l'efnpoisonnement par l'acide qui nous occupe, à l'aide des affusions d'eau chlorée. Nous nous bor- EMPOISONNEMENTS PAR LES LIQUIDES. 41 nons à signaler cette médication, nous ne pour- rions nous y arrêter davantage sans sortir de no- tre sujet. Ajoutons que, d'après M. Ozanam, l'oxygène serait l'antidote de l'acide cyanhydrique dans les cas d'empoisonnement par inspiration. L'acide sitlfhydrique a souvent causé des indis- positions assez sérieuses à quelques chimistes. M. Fordos nous a dit avoir été malade plusieurs jours, après être resté exposé pendant quelques heures aux émanations de ee gaz. Le chlore ga- zeux, ou dissous dans l'eau pourrait avoir, dans un cas semblable, la même action que nous lui avons accordée précédemment, et mettre l'opé- rateur à l'abri de tout danger en s'einparant de l'hydrogène du gaz vénéneux. EMPOISONNEMENTS l'Ail LES LIQUIDES. Pour qu'un empoisonnement de cette nature puisse avoir lieu, il faut, ou que lo liquide ait été mis en contact avec une surface dénudée, ou qu'il ait corrodé la peau, et ensuite été absorbé par les tissus exposés ainsi à son action, ou bien enfin qu'il ait été ingéré par l'expérimentateur dans un moment de distraction. On cite un chimiste allemand dont la mort se- rait due à quelques gouttes d'acide cyanhydrique liquide tombées sur son brus nu. Je n'ai pu re- trouver les détails de ce fait, de façon qu'il m'est M EMPOISONNEMENTS PAR LES LIQUIDES. impossible de savoir si le poison n'a pas été en contact avec une écorehure, ou une solution de continuité quelconque île l'épidémie. La mort de ce malheureux s'expliquerait alors parfaitement. Lorsqu'un liquide, corrosif' el vénéneux à la fois, détruit l'épiderme, il peut être absorbé en quantité plus ou moins grande, et occasionner alors des brûlures ou des empoisonnements par absorption. Les vapeurs de brome el l'acide fluor- hydrique semblent agir de cette manière, ainsi qu'on a pu le voir plus haut, quand nous nous sommes occupé des brûlures. Vackle p/iosp/torit/ite donne aussi généralement lieu à des accidents inflammatoires, beaucoup plus sérieux que ne semblerait le comporte]' l'étendue ries lésions produites par son contact. Il nous faut maintenant aborder l'histoire d'un accident bien triste el qui a soulevé, et soulève encore une polémique regrettable dans les jour- naux scientifiques. Il s'agit de l'empoisonnement de deux préparateurs de chimie en Angleterre par les vapeurs rie mercure méthyle. MM. Ulrich el Sbper, préparateurs (le M. Odlinfj, préparaient pour ce savant nu mercure-mélnyle. Les propriétés exception- nellement vénéneuses île ce vorps n'étant pas connues, ils ne pre- naient pas tous les soins nécessaires, touchant le liquide îles doigts, «le. L'hc lois même le liquide s'est répandu par lerre à la suite rte la rupture du flacon. Bien que ne bouillant qu'à 90 de- grés, le roercure-méthj le possède unefirandc lenshn de vapeurs. □igifeed by Google EMPOISONNEMENTS PAR LES LIQUIDES. 43 Ces vapeurs ont probablement imprégné le* vêtements de ces messieurs, et par suite les nnt empoisonnés. Chw tous les deux, l'affection a débuté par une paralysie ries extrémités supérieures; puis est survenue une cécité complète, et enfin une paralysie progressive. L'un a succombé au bout de deux mois de maladie, cl le secourt a résisté pendant près rte huit mois a ses souffrances, sans que les divers traitements auquel i! a été soumis, et surtout i'usar;e des sulfures alcalins, aient pu prévenir une terminaison fatale. Il s'est élevé, ainsi que nous l'avons dit, àprnpos du triste sort de ces deux jeunes gens, une polé- mique regrettable dans les journaux scientifi- ques. Nous ne croyons pas devoir nous en ooeu- per dans un travail du genre de celui-ci. Nous devons toutefois dire que nous avons, sous la dictée d'un illustre; professeur, écrit à M. Od- lin0 EXPLOSIONS PAR LUS GAZ ET LES VAPEURS. j'ai négligé d'agiter le mélange, de telle façon qu'il y avait un trop grand evcès de bioxyde d'azole en présence des vapeurs de sulfure de carbone. L'expérience se fait sans danger el toujours parfaitement Iden, lorsque le mélange renferme assez de vapeurs de sulfure (le c;irhone pour que le carbone suit brûlé et non pas les deux éléments ; en un mot il faut qu'il resle du soufre dans le flacon. Le second cas est une explosion d'un mélange tk feu touge dans lequel, outre le sel de slron Liane, l* sulfure d'antimoine, etc.; il y avait aussi du chlorate de potasse. (Jette explosion se produisit toute seule dans une armoire de mon laboratoire pendant la nuit. Je fus réveillé, ainsi que ma famille, par l'explosion, et ce n'est que beaucoup plus tard que l'on put en découvrir la cause. C'est évidemment l.i chlorate de potasse qui rend ces mélanges spontanément explosibles. Avec grand estime, à vous. Liebic. (Traduit par M. Kribdel, conservateur des collections de l'École des mines de Paris.} L'appareil Thilorier, desliné à solidifier l'acide carbonique, en le Taisant passer par l'étal gazeux et l'étal liquide, est tristement célèbre pur la mort du préparateur de l'Ecole de pharmacie Osmin Hervy, dont voici l'observation détaillée : RUPTURE DE L'APPAREIL THILORIER. — MORT DU PREPARATEUR OSMIN HERVY. J'emprunte au Journal de. Chimie ni dp Pharmacie l'observation suivante que je copie textuellement: Les journaux quotidiens ont déjà fait connaître au public le déplorable événement survenu à l'Ecole de pharmacie de Paris, événement qui a coûté la vie à M. Osmin Hervy, préparateur des cours de chimie. Uet accident a eu lieu le 30 décembre 1840; l'on Oigiiized By Google GAZ ET LES VAPEURS. 5 emnin, île l'acide carbonique li Chacun de ces cylindres offre une capacité intérieure de 4 litres environ; l'acide carbonique se produit au moyen de la réaction de l'acide sulfurique cl du bicarbonate de soude, qu'on introduit simultanément dans l'un des cylindres. On établit ensuite une communication entre ce premier cylindre et le deuxième, et au moyen d'une véritable distillation, l'acide carbonique se rend dans le deuxième cylindre; dans le premier reste un résidu de sulfate de soude, qu'on relire pour le remplacer par un nouveau mélange et obtenir ainsi une quantité déterminée d'acide carbo- nique liquide, quantité qui peut s'élever, comme nous l'avons dit, jusqu'à 4 litres. Le premier cylindre est porté sur deux tourillons qui le tien- nent en équilibrée! permettent de lui donner un mouvement très- C'est au moment où M. Hervy balançait le cylindre sur les deux tourillons, pour opérer le mélange de l'acide sulfurique et du bicarbonate, que l'explosion a en lieu. Quatre personnes qui s'occupaient de cette préparation auraient pu être présentes en ce moment. M. Tliilorier qui avait présidé jusque-là au mélange des matières, à la fermeture de l'appareil, etc., venait de passer dans une pièce voisine ; une autre personne, qui aidait M. Hervy dans cette préparation, venait aussi de sortir; il ne restait auprès du cylindre que M. Hervy et un aide de ses amis ; ee dernier a été renversé par l'explosion, mais n'a été atteint par aucun frag- ment de la machine ; M. Hervy seul a été atteint. L'appareil étant situé sur le sol de la pièce, tout l'effet de l'explosion a porté sur L'explosion a été accompagnée d'un bruit terrible qui a retenti dans tout le quartier; les effets ont été tels qu'aurait pu les pro- duire un obus; le carreau, le plafond, les murs ont été endom- 52 EXPLOSIONS l'AR LES CiAZ HT LES VAPBDRS. maffés par les débris de la machiae: tous les carreaux décroisées ont été brisés. L'imagina lins est effrayée des conséquences qu'aurait eues une se m Manie détonation, si elle fut arrivée, ce qui cul été possible, dans uni; leçon. Il esi inutile d'ajouter que cette expérience ne sera plus répétée désormais dans les cours publics. [romédratemenl après l'accident, MM. les professeurs de l'École ont adressé une demande a M. le minislre de l'lustruc;inn pu- blique, à reflet d'obleuir à l'École de pharmacie lacréalioud'une place de conservateur des collections et de la bibliollieque de l'Élablissemenl, avec prière de nommer a cel emploi M. Hervy. .M. le ministre a accueilli cette demande avec un empressement qui augmente encore le prix des services qu'il voulait rendre à ce malheureux jeune homme. Dès le jour même de celle demande, il lui luisait porter des paroles de consolation et d'espoir pour l'avenir, et deux jours après, le 3 janvier, il oblint et communi- qua à l'Iîcole de pharmacie l'ordonnance royale portant création de la place et la nomination de M. Hervy, le jour même où il suc- combait. (Journal de Chimie et Je Pharmacie, iîiil, lomC w 27, p. il.) Deux causes ont contribué a produire cet acci- dent. L'acide sulfuriquc, au lieu de tomber peu à peu sur le bicarbonate do soude, a dù y arriver en grande quantité tout ù. coup. De plus, l'appareil était en fonte, substance, comme on le sait, très-cassante. Il n'y a donc pas à s'étonner que, soumis ù lu force d'expansion considérable d'une forte quan- tité d'acide carbonique, l'appareil se soit brisé. On évite maintenant les dangers de cette pré- paration, en employant un appareil construit en fer forgé et doublé de plomb à l'intérieur. Dans une explosion, grâce à sa texture, le plomb se dé- EXPLOSIONS PAR LES LIQUIDES. 53 cliire sans projeter d'éclats et l'opérateur n'a rien à craindre, si le cylindre vient à se rompre sous l'action de la pression intérieure de l'acide carbo j nique. EXPLOSIONS DE SUBSTANCES LIQUIDES. Tout le monde connaît les détails de l'accident survenu au savant chimiste Dulong", lors de la dé- couverte du chlorure d azote. La perte de deux doigts et d'un œil Lui tirent payer chèrement l'honneur d'avoir Tait connaître un nouveau corps. M. Brodie a trouvé les peroxydes d'acétyle et de benzoïde; l'étude du premier de ces corps, en dé- tonant, a failli lui coûter la vie. Nous devons la connaissance de ce lait à l'obligeance de l'hono- rable sir Robert Kane. M. le professeur Wurtz, doyen de la Faculté de médecine, traitait le protochlorure de phosphore par le potassium (ou le sodium), pour reconnaître si le phosphore était, dans cette comhinaison, à l'état de phosphore blanc, ou de phosphore amorphe, lorsqu'une violente explosion brisa entre les mains de ce savant chimiste, le ballon dans lequel était contenu le mélange, et son œil fut blessé par des fragments de verre, que M. Ic professeur Nélaton ne parvint à extraire qu'après un traitement long- temps prolongé. Faraday a été blessé légèrement plusieurs fois en liquéfiant le chlore. 1886. - Tbelniier. 4 Digitizod t>y Google 54 EXPLOSIONS PAR LES LIQUIDES. Il serait trop long- de s'appesantir sur tous les accidents causés par les explosions des liquides. Nous nous contenterons de citer les suivants. Le premier nous a été communiqué fort obli- geamment par M. le D r Leconte, professeur ogrég-é à la Faculté de médecine et pharmacien en chef de l'hôpital des Enfants ; voici comment s'exprime ce professeur : 11 est souvent impossible de prévoir les accidents auxquels on est exposé en faisant des expériences de chimie ; le fait suivant le démontre de la ma- nière la plus nette : En 1830, voulant puriiier d,: l'azotate d'uranium du commerce, qui devait nie servir au dosage de l'acide puosphorique et des phosphates, auxquels j'appliquais le premier ce procédé d'ana- lyse quantiiative, je lis dissoudre 100 grammes de cet azotate dans une quantité suffisante d édier Le liquide lillré l'ut pl;-.:i dans une cornue de verre disposée elle-même dans une petite chaudière de fonte reposant sur un fourneau, a la cornue lut adapté un ballon de verre tubule plongeant dans l'eau froide et servant de récipient. Pour éviter l'inflammation de l'élhcr, on ne fit usa-e d aucun combustible, et l'on versa de l'eau bouillante dans le baiu-inarie, h distillation marcha pendant quelque temps avec régulante ; mais, au moment ou je m'y attendais le moius.une violente déto- nation, semblable à celle d'une forte pièce d'artillerie, vint ébran- ler le laboratoire du Collège de France, projetant au deliors plu- sieurs des carreaux des fenêtres ; il se produisit dans la rue un nombreux rassemblement, cl pendant quelque temps tout le quar- tier lut en émoi, cherchant à s s rendre compte d'une explosion aussi violente. DigitizGd t>y Google EXPLOSIONS PAR LES LIfJl'IDES. Par lin hasard providentiel, personne ne se Irouvait près l'appareil, dont les vases en verre furent pour ainsi dire pulvé- rises, et leurs débris lancés à de jiramles distances dans toutes les directions; la chaudière en fonte Tut si violemment enfoncée dans le fourneau, qu'on ne put ladé[;ai;er <|u'à grands coups de mar- teau, l'élher, par suite de l'explosion, s'était enflammé; mais divisé à l'infini par le choc, il ne donna qu'une flamme sans per- sistance, et ne put ainsi causer d'incendie. Certainement cette violente explosion doit être attribuée à la formation d'une certaine quantité de fulminate provenant de l'ac- tion réciproque de l'acide azotique de l'éllier et de l'oxyde d'Ura- nium, fulminate qui, s "étant trouvé à sec par la vaporisation de l'élher, a dû détoner à une température certainement inférieure à 100 degrét . liien que la formation de fulminate île métaux de la troisième section n'ait pas été signalée par les auteurs, nous avons cru devoir faire connaître la possibilité de leur formation, afin d'éviier des accidents terribles ; des recherches que j'ai en- treprises éclaireronl, j'espère, bientôt ce sujet. À propos du second accident, dû à l'explosion des liquides, M. le professeur Regnault, du Collège de France, en faisant chauffer dans un ballon terminé par un tube capillaire dix kilogrammes de mercure, a reçu la majeure partie dece liquide bouillant sur le visage, par suite de la rupture du tube. II a fort heureusement fermé les yeux au moment de la projection du mercure; mais il n'a pas moins été force" de garder le lit dans une complète obscu- rité pendant deux mois, tout en étant soumis à des irrigations froides continues. Diaitizcd by Google EXPLOSIONS PAR LES LIQUIDES. PRÉPARATION m LACÉTATE DE CHLORE. — ACCIDENT ARRIVÉ AU D [ LIPMANN. Le D' Lipmano m'a fort obligeamment commu- niqué l'observation suivante, qui montre le danger de préparer l'acétate de chlore, sans prendre les précautions nécessaires ; précautions que du reste il rappelle ici lui-même. Monsieur, J'ai l'honneur ili' vous adresser le récit d'un accident dont j'ai été victime l'année dernière en préparant de l'acétate de chlore. L'acide hypnchloreux, )>ar son action sur l'acide anhydre, forme de l'acétate de chlore. Pour préparer ce dernier corps, on fait passer sur de l'acide acétique anhydre un courant d'acide hypnchloreux en excès ici qu'il ne se forme que 20 0/0 du produit. Suus celle inllueiRT. l'acide acëLiqm: prend une couleur rouge de saDff. Tant que estte coloration dure, l'acétate de chlore n'est pas encore formé; il existe encore de l'acide hypochloreux à l'état libre. Pendant plusieurs heures, on ne doit ni couvrir ni remuer le vase contenant le liquide, le moindre choc pouvant faire dé- composer cet acide avec explosion. J'avais oublié de prendre celte précaution et voulais transvaser un mélange d'aride hypochloreux libre et d'acide acétique. A peine eus-jc remué le vase que l'explosion eut lieu avec un bruit semblable u la détonation d'une pièce d'artillerie. Je fus renversé par la pression de l'air, tandis que ma main droite était hachée par une foule de diibris de verre. Ce n:: fut que longtemps après, et à la suite d'un traitement prolongé, que l'on put nie débarrasser de tous les fragments qui s'y étaient enkystés. Agréez, Monsieur, etc. I) r E. Lipmann. Paris, le 20 juin I8li(i Digitizcd by Google EXPLOSIONS PAR LES SOLIDES. Enfin, nous empruntons au même préparateur anonyme le récit de l'explosion d'une certaine quantité de nitrate de méthyle. Au mois de juillet ISfiii, rectifiant 2,700 gr. de nitrate de mélliyle, à peine 2O0 (;r. étaienL-ils passés dans le récipient, que, sans cause appréciable, le ballon fil explosion avec un bruit comparable à lui cmip de canon. .Mennie d'incendie, je dus d'a- bord son«er à l'éteindre; puis pensait! à moi, je m'aperçus une j'avais tout le coté [j.iucbe de la fiffiirc, barbe et cheveux littéra- lement grillés, la main fiaitche (elle est prédestinée) brûlée. Mais, f>r;ke sans doute £i hurand.' inllammabililé de cet éther.ces bles- sures furent peu graves; j;; m'étais pour ainsi dire plongé dans un envier d'eau, et quelques pansements à la glycérine ame- nèrent une prompte cicatrisation. Le danger sérieux <|ue présentait un tel accident était l'explo- sion elle-même, de la violence de laquelle je donnerai une suffi- sante idée en disant qu'elle eut lien dans une pièce de 3o m. c. de superficie, avec une porte et deux fenêtres tout ouvertes, et r(ite néanmoins le plafond l'ut soulevé de fi à fi centimètres. L'ap- pareil fut lilléraleuienl réduit en poussière. (J'esL à cela sans doute que je dus de n'en sentir aucun éclat EXPLOSION DE COiU'S SOLIDES. On peut ranger dans cette classe tous les mé- langes détonants, l'iodure d'azote, l'oxalatc d'ar- gent, etc., et surtout les fulminates d'argent et de mercure. On a vu dans la lettre du savant professeur Liebig, une explosion spontanée d'un mélange détonnant, dans lequel entrait du oidorate de po- tasse. L'extrait suivant d'un journal scientifique'. Digitizod by Google 58 EXPLOSIONS PAR LES SOLIDES. offre un exemple d'explosion d'un mélange dé- tonant, composé à peu près de la même façon, mais dans lequel la détonation eut lieu pendant la trituration des substances. EXPLOSION DANS LE LABORATOIRE D'UNE PHARMACIE A MUNICH. l'n Iriste événement eut lieu le M iï:vrier !X17, dans le laboratoire d'une des premières pharmacies de Munich, doit être ajouté aux nombreux exemples de ce i;enre. tin élève était occupé à triturer dms un mortier de serpen- tine nn mélai!|;i' de l mis mires de c':lora!e de potasse, de soufre, de sucre et de cinabre, destiné à la fabrication îles allumettes. tinie d'une imprudence à peine explicable. eut plusieurs membres fracassés par la violence du pilon, et mourut deux heures après l'éclat. La détonation fut entendue dans presque tous les quartiers de la ville; les vitres de la maison furent brisées, et les débris du mortier sautèrent au loin ; un cavalier i|ui passait dans la rue en fut blessé. Les vases de la pharmacie étaient tournés dans une; autre direction, et une pendule placée à l'extrémité de la pièce s'arrêta par la commotion, pour indiquer en quelque sorte l'heure de l'événement. (Journal de phnrmarie, première série, t. III, p. 267.) La préparation de l'antimoniure de potassium présente des dangers d'explosion signalés par M.\L Pordos et (iélis. dans un mémoire extrait de DigitizGd by Google EXPLOSIONS PAR LES SOLIDES. 53 la Revue scientifique et industrielle (in-8, sans lieu ni date.) Voici comment ils s'expriment dans une note, page H : L'alliage de potassium el d'antimoine peut se préparer par la calcinalion de l'émétique. Lorsque la tuasse n'a pas été assez chauffée, el que le culot métallique ne s'esl pas séparé, on obtient une niasse poreuse composée d'alliage et de charbon qui détone sans l'intervention de l'humidité, et par le simple choc que l'on détermine pour la séparer du creuset. L'un de nous a même été blessé par la détonation d'une masse de cet alliage. Nous pouvons ajouter que l'opérateur, atteint par l'explosion, est M. Fordos, et que ce savant chimiste a craint, pendant plusieurs jours, de per- dre un œil à la suite d'une blessure de la cornée. Bien avant celle époque, alors que le célèbre professeur du Collège de France, M. Regnault, oc- cupait à Lyon une chaire de chimie, une détona- tion semblable avait failli le rendre aveug-le. Nous avons recueilli de sa propre bouche les détails sui- vants sur cet accident, dont les suites n'ont pas heureusement présenté la gravité qu'on aurait pu craindre : « Mon préparateur me présenta, quelques instants avant le commencement de ma leçon, un creuset renfermant une certaine quantité d'anlimoniure de potassium, dont il me fit remarquer le bel aspect. Au moment où je me penchais pour l'examiner, l'hu- midité de mou haleine fil détoner lutile la substance. Mon vi- sane, mes yeux surtout, furent cruellement brûlés par la potasse régénérée. Ce ne fut qu'au bout de deux mois au moins, que je pus reprendre le cours de nies travaux scientifiques. Le traite- (10 EXPLOSIONS PAR LES SOLIDES. ment auquel on me soumit se composa principalement d'irriga- lions froides conliuucs. » Quand on prépare l'an Limon iure do potassium, il faul avoir soin de recouvrir avec une capsule ou un entonnoir, le produit obtenu, de façon qu'il ne soit exposé ni à l'humidité, ni au ehoc le plus léger. Uiodure d'azote détone même sous l'eau. M. le professeur Filhol, de l'École préparatoire de Tou- louse, parmi plusieurs exemples d'explosions qu'il m'a communiqués dans une lettre fort bienveil- lante, en rapporte l'exemple suivant : J'ai été témoin, dans mon laboratoire, de l'explosion d'une assez forte quantité d'imlure d'azote, par suite du frottement d'une bnjrucltc de verre. Uiodure était sous une forte couche d'eau. Personne heureusement n'a été blessé. A la suite de deux aecidenls arrivés coup sur coup au laboratoire de la Faculté de médecine de Paris, les journaux scientifiques publièrent l'avis suivant, que nous empruntons à l'un d'entre eux : M. Wurtz nous engage à faire connaître l'accident suivant, arrive dans son laboratoire, afin de prémunir les chimistes contre le danger qu'ils pourraient courir dans la même cir- constance. Le D'Lïpmann était à peine remis des suites d'une explosion d'acide hypochloreux, «ne le il r Oppenheim, un des travailleurs les plus distingués di es laboratoire, devenait vit- lion: d'oo accident bien autrement grave, Le 20 janvier dernier, il sr.ellail à la lampe un inatras plein 1 d'oxaiate d'ur t ;ciil (120 grain.), lorsi|u'il fui renversé tout à EXPLOSIONS PAR LES SOLIDES. 61 coup dt; sa chaise â la suite d'une détonation terri hic provenant de la décomposition subite ci instantanée de h masse entière d'oxalnte contenue dans le outras. Gomment s'est laite celte dé- tonation ? Siins doute par la cbdeur «jui a atteint une parcelle île la substance resiée dans le col <|ue l'on scellait à la lampe. Les suites de cet accident ont été terribles; !e lt r Oppenheimacu la lemporale coupée par un éclat li: verre et le bras droit liorri- hleinent abîmé. M. Itirbet, présent a la Faculté en ce moment, est accouru aussitôt et a donné des soins au malade qui, on le comprend, aurait pu courir un |;rand danger, si un chi- rurgien expérimenté ne s'élait trouvé là pour lui porter secours. M. le II' Oppetnbeiin, nous sommes beuretix de le constater, est complètement remis de sn:i accident et tout prêt à recommencer ses travaux, en prenant, bien entendu, ses précautions. Chimistes et médecins payent souvent do leur vie leur dévouement à la science et à la société, et on ne glorifie cependant <]ue le soldat qui va chercher la mort dans des combats impies sans nul profit pour l'humanité. {Journal de chimie mé- dicale, avril 1866.) Voici l'observation de l'accident arrivé au D r Op- penheim. Ce chimiste a bien voulu la rédiger lui- même sur notre demande. OBSERVATION DU D r A. OPPENHEIM. Monsieur, Vous me demandez des détails sur un accident qui m'est ar- rivé il y a quelques mois au laboratoire de l'Ecole de Médecine. (Il n'a pas eu de suites graves Rrâce aux soins de mes médecins cl de mes amis.) Cet accident n'a p;iséié de nature à jeter un m niveau jour sur la substance ;> lieux publics, par ces inventions ili! la sottise et de la malignité. Des accidents assez graves ont éveillé l'alleiilion de l'autorité. d'argent détonant dans un étui, en a pn>vo.[iié, s ais le vouloir, l'explosion. Il a été renversé et a perdu trois doigts, dont un a été lancé et incrusté dans le plafond de la pièce où il était. Un jeune chimiste, en ouvrant une lettre, a reçu dans les yeux des éclats de cire, qui l'ont fort incommodé. Comme L'armant détonant n'a aucune prjpriélé utile, n'est d'aucun usage en médecine ou en pharmacie, qu'il ne peut servir line momentanément dans un cours de chimid, on doit désirer qu'une ordonnance sévère en interdise la vente publique. Cet article est curieux sous plus d'un rapport; il montre d'abord que les dangers offerts par un corps si peu stable avaient frappé les chimistes aussitôt après sa découverte; de plus, il fait voir combien on soupçonnait peu à cette époque de grandes guerres européennes, les services impor- tants que l'art militaire devait tirer plus tard des fulminates. Où nous avons reconnu un agent de destruction formidable, nos prédécesseurs ne voyaient qu'un jouet inutile et dangereux. Ils avaient raison sous Cfi dernier rapport. Quelque temps avant que ces lignes parussent dans le Bulletin de pharmacie, un orfèvre, en voulant renfermer 24 grains de ful- minalc d'argent dans un étui, ainsi qu'on vient de le voir plus haut, perdait trois doigts de la main droite, après avoir été renversé par le choc. Un peu plus tard, Barruel, préparateur à la Faculté de médecine, se mutilait également la Digitizod by Google main droite en préparant cette dangereuse sub- stance. Voici maintenant le récit de l'accident terrible qui m'a donné la première idée du présent travail. EXPLOSION DE FULMINATE D'ARGENT. Le 16 février 185i, uni: explosion de 5 grammes de fulminate d'argent, renfermés dans un flacon bouché a l'émeri, m'emportait sept phalanges de la main droite en me labourant profondément la main gauche et me rendait momentanément aveugle. Cette observation m'étant malheureusemenl personnelle, on me permettra d'entrer dans quelques détails. Depuis deux ans environ, le préparateur officiel avait quitté le laboratoire de la Faculté ; et je remplissais son emploi j^raluile- ment, sous la direction de M. le D r Lcsueur, chef des travaux chimiques. M. le tl r Leconte, professeur agrégé à la Faculté de médecine, était chargé du cours de chimie minérale, dont la chaire était alors vacante, par suite de ia mort de M. le profes- seur Orlila-. SI. le I) r Lcsueur avait commandé chez un fabricant de produits chimiques cinq grammes de fulminate d'argent, qui lui furent apportés enveloppés dans un papier que je plaçai entre deux soucoupes. On ne s'en servit au cours ce jour là pour au- cune expérience, et le chef des travaux chimiques, en présence de H. le l) r Leconte, m'engagea à les renfermer dans un flacon Louché à Vèmeri. Malgré mon observation qu'il pouvait y avoir du danger en agissant ainsi, et la défense formelle de SI. Leconte, SI. Lcsueur insista, assurant que le fulminate étant humide, il n'y avait absolument rien à craindre. Le lundi suivant, au mo- ment de disposer dans une caisse les substances nécessaires à la leçon du jour, M. Cutfec, un de mes élèves qui maintenant exerce avec distinction la médecine eu Bretagne, voulut prendre ce fla- con pour faire sécher à l'étuve une petite portion de la substance qu'il renfermait. Lu pressentiment me le lui Ht retirer des mains, je saisis le flacon île la main gauche, et de la droite j'essayai de le déboucher;... à ce moment les cinq grammes de fulminate Digitizod bjr Google EXPLOSIONS PAR I.F.S SOLIDES. 67 d'argent s'enflammèrent, un éclair me passa devant les yeux, une explosion formidable ébranla la pièce dans laquelle je me trou- vais; et, si l'on vent bien se rappeler que la quantité de fulmi- nate de mercure employée pour chipie capsule de guerre est d'un milligramme, et que par conséquent le flacon en contenait une quantité capable île charger cinq mille de ces capsules, eu supposant que la force du fulminate d'argent soit égale a celle du fulminate de mercure (cl elle lui est supérieure), ou com- prendra que les doigts de ma main droite aient élé violemment arrachés et ma main gauche labourée par les éclats de verre provenant du flacon. Ces éclats de verre m'avaient de plus haché les paupières inférieures, dont les lambeaux pendaient sur mes joues, ei coupé en plusieurs endroits le front, d'où le sang coulait en nappe et inondait mon visage. Les yeux eux-mêmes avaient élé atteints; et l'on verra plus bas qu'ils portent encore des traces de ce funeste accident. Je ne perçus toulefois en ce moment que la sensation d'un choc épouvantable ; je crus que j'avais le crâne fracassé, et dans cette terrible position, une seule pensée traversa rapidement mon esprit; ce fut le souvenir de la digne femme dont le nom est inscrit sur la première page de ce travail. Au bruit de l'explosion, le garçon de laboratoire accourut, et sur ma demande, regarda si mes yeux étaient crevés. 11 ne re- marqua p . s d'abord les blessures de mes mains, et ce ne fut que lorsque, guidé par lui, j'essayai en vain d'ouvrir la porte de la cour cxlérieure pour aller chercher du secours, qu'il s'aperçut que des fragments de mes doigts brisés étaient attachés à la ser- rure. Je pus, en m'appuyant sursoit bras, Lraverser, le visage, couvert d'une serviette, la place de l'École-de-Médecine et entrer à l'hôpital des Cliniques, où M. le professeur Né la ton, prévenu au milieu de la visite du matin, voulut bien me donner les pre- miers soins. Je me fis transporter chez moi, et grâce à un traite- ment pur les irrigations froides continues, institué par M. le pro- fesseur Piélalon, et au dévouement de la plupart de mes amis, maintenant docteurs en médecine, je pus, au bout de trois ou c|ualre mois, reprendre mes études, sinon guéri, du moins en voie de guérison. C'est ici que je dois ouvrir une parenthèse, et remercier, avec touLe l'effusion de mon cœur, ce professeur éminetit des soins EXPLOSIONS l'Ait LES SOLIDES. désintéressés et assidus dont il a bien voulu m'enlourer. ainsi que M. le professeur Jarjavay, qui m';; souvent visilé pendant ces longs jours de souffrances. MM. Leçon te, Sappey et Wurlz sont souvent venus relever, par leur présence et leurs bonnes paroles, un courage ilont j'avais cel les grand besoin. Lou/e années écou- lées depuis celte époque n'ont point affaibli pour eux ma recon- Les deux internes de M. le professeur .Velalnn m' mt saigné avec un dévouement que je ne saurais oublier : l'un élait M. Cadei- Gassicourl, l'autre M. Paul I.orain, maintenant professeur agrégé à la Faculté de médecine et médecin des hôpitaux. Ce dernier, depuis celle époque, m'a donné de nombreuses manques d'une amitié qui ne s'est jamais démentie. Voici maintenant quelles ont éfc les tristes suiles de ce terri- ble ui-cident : à la main droite j'ai perdu une phalange du pouce, deux phalanges de l'index, deux du médius el deux autres de l'annulaire. Les fragments de nies doigts mutilés qui n'étaient pas restés attachés au boulon de la serrure en essayant d'ouvrir la porte, pour aller chercher du secours, ont été retrouvés çà el là dans le laboratoire et recueillis par le garçon l'apault. Les blessures de ma main gauche se sont cicatrisées assez rapi- dement, tout eu me laissant dans l'épaisseur des tissus des frag- ments de verre enkystés, dont l'un surtout, logé sur un rameau du nerf collatéral interne du petit doigt, me fait beaucoup souffrir. De plus, mais ceci est tout à fait secondaire, un tatouage noir et indélébile produit par la présence de la poudre d'argent réduit donne à celle main un aspect moucheté. Un morceau de verre gros comme une petite noisette esl éga- lement enkysté dans les muscles fléchisseurs de la seule phalange qui me reste à l'indicateur de la main droite, et un autre dans la pulpe du pouce. Ces deux éclals de verre me causent de vives douleurs ;ï la moindre pression, el je m'en aperçois malheureuse- ment en écrivant ces lignes. Au-dessus du sourcil droit, à l'angle externe de l'œil gauche, soûl demeurés des débris du flacon; les paupières inférieures gardent des traces de coupures, el sur la sclérotique de l'œil Digitizod bjr Google IMPLOSIONS PAR LES SOLIDES. droit je conserve une lâche noire fort apparente due au dépôt d'argent réduit. (juant aux autres blessures du visage, elles ont été prompte- mctit guéries sans laisser de traces bien visibles, saufun tatouage semblable a celui des mains, que je conserverai fatalement jusqu'à la mort. J'ai pu néanmoins, malgré celte grave mutilation, écrire, dis- séquer et pratiquer les différentes opérations exigées pour obte- nir le titre de docteur en médecine, mais ce n'a été qu'à force de volonté, et au prix de vives souffrances qui se reproduisent encore toutes les fois qu'il m\trrivc d'appuyer contre le^ moi- gnons de mes doigts, remplis d'éclats de verre, soit une plume, soit un crayon, soit un instrument de chirurgie. Et maintenant, y avait-il dos moyens de pré- venir celte explosion? Oui, certes; et d'abord il fallait observer les précautions dont nous avons parlé plus haut : porter un masque en fils de Ter, semblable îi ceux dont on se sert dans les salles d'escrime, mais surtout ne pas mettre dans un fla- con de verre, fùt-il même bouché" avec du liège, une substance aussi facilement explosible que le fulminate d'argent. On a vu, par les détails qui précèdent, que j'avais négligé tout cela. Préparateur de chimie minérale, je n'avais jamais touché de fulminates, et je «rois sincèrement que le D r Lesueur, qui, par son insistance, a été la cause directe de ce malheur, ne les connaissait pas beaucoup plus que moi, sans quoi il ne m'eût pas exposé à un pareil danger. Tant que je suis resté au laboratoire sous sa direction, je l'ai toujours trouvé plein de bien- veillance. 1866. - Thelmier. 5 70 CONCLUSIONS. Quoi qu'il en soil, je désire que mon malheu- reux exemple ne soit pas perdu ; et qu'il eng-ag-e vivement tous ceux qui s'occupent de ces sub- stances si dangereuses, à les manier avec les pré- cautions les plus attentives. CONCLUSIONS. Résumons-nous, et, de ce qui précède, tirons les conclusions suivantes : 1° Les chimistes sont presque constamment exposés à des accidents, parmi lesquels un cer- tain nombre sont capables de mettre leur vie en danger. 2° Ces accidents peuvent être divisés en as- phyxies, irritation des voies respiratoires, brû- lures, empoisonnements et explosions. 3" Les trois dernières classes sont les plus redoutables. 4° La plupart des accidents de laboratoire peu- vent être prévenus soit par de simples mesures de prudence, soit par des moyens puisés dans la science même. 5° Il en existe malheureusement un certain nombre qu'aucune prévoyance humaine ne saurait éviter. CONCLUSIONS. 7L Je termine provisoirement cet essai, bien im- parfait sans doute, mais ayant du moins le mérite d'avoir été inspiré par un désir sincère d'être 'utile. J'espère, grâce à Dieu, le compléter plus tard, si le temps me le permet; et pour arriver à at- teindre ce but, je recevrai avec reconnaissance les communications qu'on voudra bien m'adresser à l'École de Médecine. C'est alors que je me propose de traiter une question bien triste, celle du sort des prépara- teurs et des chimistes blessés au service de la science dans les laboratoires. « C'est là un champ « do bataille, m'écrivait l'excellent D r Hœfcr, qui « vaut bien tous les autres; et cependant quelle « différence dans les résultats. » Si on décore à juste litre un soldat blessé, si on assure le pain de ses vieux jours; on se contente le plus souvent de quelques plaintes stériles sur fe sort de ces hommes studieux, qui, si j'ose m'exprimer ainsi, sont les pionniers de la science. Des considérations personnelles que l'on appré- ciera, je l'espère, m'empêchent de donner pour le moment suite à ces réflexions. Ce que je pourrais ajouter à ce sujet, serait déplacé dans une étude du genre de celle-ci. 72 CONCLUSIONS. Je remercie les chimistes qui m'ont fourni si obligeamment des documents; je regrette de dis- poser de trop peu d'espace pour citer ici tous leurs noms, inscrits du reste dans ie courant de mon travail. Il m'est toutefois impossible de ne pas exprimer toute ma gratitude sur ce point, & MM. Naquct, professeur agrégé à la Faculté, mon maître et mon ami ; Fordos, pharmacien en chef de la Charité, ainsi qu'à mon vieil ami le D r G. Mâhu, dont les patientes recherches m'ont été fort utiles. TABLE DES SUBSTANCES PRINCIPALES AYANT OCCASIONNÉ DES ACCIDENTS AVEC LE NOM DES CHIMISTES AUXQUELS CBS ACCIDENTS SONT ARBIVliS Acrilato rie chlore- - - ■ % MM. Ac. carbonique (solidilicat. dcl') aO Ariilt; cyanliyd ri^uo 39.41 — chlorh y ri rique. . . _._ . 14 — fluorbydriquo 14.49 1 — hypc-azoliquo 30 — phosjiiioriiiuo 14 — sulfhydrique 41 — sull'urique 19 Alcool amylique 20 Antimoniuro do potassium. ... 58 j Argent détonant ou j fi* j fulminate d'argent. ) M ( Bioxyde d'azote et vapeurs de sulfuro do r.arhnim 4fl Brome 16 Cacodyle 80 Chalumeau a ijiiz liydrogèno al oxygène 48 Chlorate de potasse ,'molangos ) „. I ddtonJnia avec) | [ Noms des chimistes. l'arc*. Osiniu Ilervy . , . SO Pihan-Dufoillay . m 16 . 15 H Fnrdns . 58 V. RocoaulL . . . 'M Bnrmnl . . . ta Thulmier . . . . . m . a Pharm. de Mon i Liebig 74 TABLE DES SUBSTANCES ET DES CHIMISTES, F.TC. :!■■= [Ii?. lIjiiiihIci. Pa 1 asegne Ttielmipr K r< 18 -'7 Cl 1 i 7 ■-, <} -J7 i! "in Mi- lliimhnrl Chlorure d'azote Kl Clilor. do phosph. et Wurti :!'. Oanuro do polassiu Kl Tlielmior ■M fthorot azolatn'd't: ';'( ^on^" B0 " llal ' Hvilrociirl.iiros de Iî . huuillc. . . 111 Manstield !•! 'il llydrogonc arsénié, 1 fiuhlnr,. . . H ;w ri lodure d'azote . m 1 1 ihi mi^le a llemaml V, Refinaull. . . . :.r. [ IIIriH. J Slopor ! OdUnn ',-> Nitrate de méthyle. 57 (ii Oppeatieîm. . . . (il Peroxyde d'acélylo. Brodîe :13 il | Pellelior père. . . 21 l Élève de TÉe. pral. 22 ) rie l'enlevés. . . . i'2 j DiMis ( Isidore Pierre. . . 93 33 Powwjiam et snriim B3 Malaiiuti 63 Stibliinii norrosif. . M M Zinc ((tarification ri x) -il l'répar. anonyme. ->] OigtoeO by Google TABLE DES AUTEURS ET DBS OIIVRAOES CITES Annales de chimie et de pharmacie 19 50 Annales lie physique et chim ie 33 Bulletin de pharmacie 59 Cosmos, 43 Forclos et Gélis 36 M Gazette 'les hôpitaux 36 Journal de chimie médicale 61 Journal de pharmacie 89 Malaguti (Chimie) 23, 31, 32 «3 Grilla (To xicologie) 21, 23 30 Ozanam 11 Payen (Chimie industrielle) 23 Presse scien li ligne et indust rielle 43 Revue scientiliqueet industrielle 59 Schneider (Thorer, Beitraege, etc.) 38 OigilueO Qy Google TABLE GÉNÉRALE DES MATIÈRES Avant-propos 5 Des principaux accidents dans les laboratoires 9 Division des accidents ■ 10 PREMIÈRE CLASSE. — Des bruluiles 12 Moyens généraux d'éviter les brûlures 13 Brûlures par les |;azct les vapeurs 14 Brûlures par les liquides 18 Brûlures par les solides 21 DEUXIÈME CLASSE. — Des empoisonnements 26 Moyens généraux d'éviter lus empoisonnements 30 Empoisonnements par les gaz et les vapeurs 31 Empoisonnements par les liquides 41 Empoisonnements par les solides 45 TROISIÈME CLASSE. - Des explosions 46 Moyens généraux de prévenir les explosions 46 Explosions de gaz et de vapeurs 48 Explosions de liquides 53 Explosions de solides 57 Conclusions 70 Questions sur les différentes branches des sciences mé- cales 73 Table des substances principales ayant occasionné des accidents, avec le nom des chimistes auxquels ces accidents sont arrivés 75 Table des auteurs et des ouvrages cités " Table générale 78 À. Parent, imprimeur de In Faculté du Médecine, ruu M'-lc-Prince,3i. S-S S £ € f t * J. U. BAILLIÈRE et FILS LIBRAIRES DE l'aCADÉMIB IMPÉRIALE DE MEDECINE nie Haule feuille, 10, i Pub. TRAITÉ D'ANALYSE CHIMIQUE PAR LA MÉTHODE DES VOLUMES, l'Analyse des gmm et des métaux, I» Clilorométrlc, la Suif Iiycc son étude. Personne, mieux que M. de la Rive, dont le nom se rattache aux progrès de cette belle science, ne pouvait présenter l'exposition des connaissances ac- quises en électricité et de ses nombreuses applications aux sciences et aux arti. Séparément le t. III, Paris, 1858 : Happons de l'électricité avec les phéno- mènes naturels ; applications de l'électricité {Applications physiques, chi- miques, physiologiques et thérapeutiques). HISTOIRE NATURELLE DES DROGUES SIMPLES COURS D'HISTOIRE NATURELLE PROFESSÉ A L'ÉCOLE DE PHARMACIE DE PARIS, Par M. J. II. G. <: I IKOI ni , Profuicut I Uni aire dt 1 ' Eco le de {Jurande ■ [iriur'.iiinjji ..li - r. il/ I k.-hIi: île iilurmatr '. l\ivi-. jiiir N. J. !i. il. (ii in. .i m . |c.i;V.v«.i rï-kiuv VHmlr. ijr jiliarjiiju-ii- l'aris. i:1i:. Pari-, 1 1ss-J. I ml. iii-l-j*' 23» pages, sir rumni.' |i.iil^ti-ui cl comme charge de l'iusiieriiuii dci pharmacies dans ]e/eis.ort il? f £...!■■ ' D.J. u lï..:i.„...t - -.3 .1. .„i„ ti .|r, r..rn]„.. t i ,1 cran LiUL' mu ëlïvej en -->■ - |.|)-.i1dilîi li-ur HUf/ ' u pliarnincir, .. leurs f. Digiiized b/ Google De la bltre, «a composition chimique, sa fahrlcalion, son emploi comme boisson, par G. J. Mlii.Df n. ["!'.-■' i' ut kv: îmrr-iie i,mis. Paris, 1813-1831. 7 vol. io-s Je 700 il sud piur.. s-! ir. Me.! 7 Tr. Las année* laiâ, I8iû\ IM7, se vcinlent chacune séparément. i fr. M e. Theorie de» proportions eUmUiaea, et table tjnopllque de» poldt atomiques des ït^ftjflfmu" corNg!™ eTaugmenlee* Pari?! îgM^Fn-^dfcl'a pagei.'' B **"ïfr! De l'emploi dn chalumeau, dans le.* .niaU ,-fi i J. ; u i-- .1 lr- il . |. t ;n u i;i I Ltin.s ...iii.v.i- ln-i(|in'-. Trailuil iln sii' .li.i- île J. I. Htii/iLin, par F.Psesbki, Paris. ISIJ, lu nvei- I planches. 1 r v miu.liiT. Ha|>p.irl prr.enlr jm C iM.iLint.r iiire-. iur i: A. "urtr, prulct-ru Paris, lBS9,iD>S. • ir. Traliede chimie centrale ei expérimentale, avec les ippliealinns aux arts, à la mé- ilri-ine cl à la paartLiai-ir. nar a. lu r n il lui vr . pnil,---Hlr ;i:r:-..je .lr clauiica I.: l'amllr île médecine île Pari*. Parla, ISU-I SIS, ouvrage complet, "i vol. iti-tt. cn-emWii isno panes, avec ïflO Heures mlen-alécf dans le texte. 10 (r. Ëiemeilla de Chimie organique. ci.>mt^..ar,nl le- .iii].la'a!i.iu- île e.ale seienee à lu jilivaiiln-, iie.iina.e. 1 1 ■ 1 1 ii ilu.-vnr h. V,:i |ii .,1,- Jfiir il.' .'Iiuuli à ! h.ijjilat niili- laire du Val-ile-diMia'. l'ari*, lus-,- lai». J forts vol. in-8. (IS Tr.) 3 Tr. Éludes de chimie orRaulque, falli-s en vu.: flei avilie il iim. ].!m:.il(iiii ( |iiesi;l médi- cales, part. Mili.iiS. Lille. litVJ. u-B de le.) \'iv^:i avec :i i.knu t-.f-. ['J fr. 50e.) I fr- Becbercliri chimiques sor le mercure et sur les constitutions salines, par E. Mn-ms. Paris, 1816, in-B. (a fr "" - mi]iii|iie e.irii|iieaiilil rimn. anri.ai-. lr- ftirillllles, le* Il l auli-.ir la .laie .le. la il.'.-iin v erl îles principaux proiluiU .le la chluiie, par le doc- teur Perd. UorrEB. Paris, ISIS, i roi, m-i'J. avec lablsaux. iîfr.) ( fr. Manuel pour l'aualvse ries substances organiques, par G. Limu, professeur de ' riilleliianil )iar A. J. 1,. JnesolH; suivi Je . (le l'aualv-e élémentaire ■— - lai- .1.' ."imalv.e .■i.-iiieiil.iire .1^- cnr:iH 8, llu. pfr.soe.) 4 fr. Non veau «rsitme de chimie organique, fonilé sur Ici nouvelles mélhoile- l'uli-n - vali.m-, .,r. 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I- la Sucidlé de pliar- ie de Paris, Paris, IB3T, ln-8. ;o tr. so c). t fr. 33 CODEX MEDICAMENTARIUS PHARMACOPÉE FRANÇAISE RÉDIGÉE PAR ORDRE DU GOUVERNEMENT de pRomstm se u nain de uimm et de l'école slpkiufvbe m pbaiiacie de pui- DÏÏEIBBHÏlï IWUStm IWÉM'Lt DE tfDPtUK »T DP 11 «OCrÉTÉ MPRUÏtClE DE f> IIS 1 fort volume gr. in-8 cartonné. Prix 0 fr. *• c. ANNUAIRE PHARMACEUTIQUE ou EXPOSÉ ANALYTIQUE DES TRAVAUX de Pharmacie, Physique. Hiitoiie naturelle pharmaceutique , Hygiène, Par 0. REVEIL et L. PARISEL. Première ahnèe. - Paris, 1863, 1 vol. in-18 de ZiOO pages. Prix : Deuxième awnée. — Paris, iW!i. l vol. in-18 avec ligures. . Prix : Thoisième a>néë. — Paris, 1Ï05, 1 vol. in-18 avec figures.. Prix : Quatrième amnée. — Paris, 1806, 1 vol. in-18 Prli : D.mimiiii'k, (le Frai JllJIHW IIH'lIllilT 11 (" \ ■ 1 1 d Million. ilr .^i I II ■ ■ 1 1 r i I : ■ ■ I), il.lil'lll f Vil il IN 11 . JIISJII Ttfoiullte l't ri >N-i,|i], il.'. :il aiiL'iii.'iil yjn'r.v/- du l,il,ltnu.r pi i-Sfnlitut loui-nrditiir! d.:i ilii i-i.i initil-; n<'-:tii-ï» fafi. Pari?, IS37. in-IB. (* Ir.). 1 (r Couru de pliarnuclt, leçons professes à l'Kcoli' ih: pharmacie p»r L. ~ " pro' i ii r à l'I-coii' .1.' ji!,.iMiian ■ Tiiln-r iic rA.v.iiniun impi-nair .le du Conseil de saiubriie. Paris, ma, 3 vol. In-B. Parti. — Imprimerie de CVutiut, mu Mignon, a. Digitizod b/ Google